Avoir la juste quantité avec le Kanban : ni trop, ni trop peu

Qui n’utilise pas le Kanban? C’est ce qui vous assure que vous ne manquez jamais de papier toilette à la maison… Dans cet article, je vous (re)explique le principe du Kanban, je vous donne également ses cas d’utilisation, à la maison, mais aussi dans l’industrie et dans le service. C’est une technique de plus en plus utilisée dans les services informatiques, mais elle n’a rien de nouveau, alors, retour sur les bienfaits du Kanban.

En quoi consiste le Kanban?

C’est encore un mot japonais : 看板, qui signifie panneau. Il a été mis en place de façon formelle dans l’industrie automobile, au moyen de … panneaux.

Le but est de limiter le stock en cours de production. En effet pour pouvoir détecter rapidement une erreur et la corriger, il faut avoir le minimum de stock entre les deux étapes de production. À l’inverse, chaque machine doit avoir du stock en amont, afin de ne pas s’arrêter de produire. Il est difficile pour l’opérateur de toujours connaitre la bonne quantité de stock à garder, et donc à produire, pour toutes les références. C’est pourquoi le Kanban a été mis en place.

Le nombre de Kanban est calculé en fonction de la demande du client, mais surtout du temps de traitement sur chaque machine. Chaque fois qu’il prend un item dans le stock, l’opérateur rend le Kanban au poste précédent, qui peut alors lancer la production d’un nouvel item.

Concrètement à quoi ça ressemble?

Selon la taille des pièces et le type de production, le Kanban peut prendre plusieurs formes. Tout d’abord, c’est une étiquette apposée sur la pièce. L’opérateur la dépose dans une boite qui est régulièrement collectée. Dans la version plus moderne, c’est un code barre qu’il scanne. Le kanban est numérique pour accélérer la communication et garder la trace de la production.

Ce peut aussi être un bac ou un chariot. L’opérateur vide le chariot ou le bac, puis le place dans une zone dédiée. Il peut enfin être un emplacement physique, délimité par des marquages. Les 5S sont un prérequis à l’implantation du Kanban, car pour bien fonctionner, il faut définir clairement chaque zone.

Exemple de Kanban avec des moules de fonderie

Vous utilisez le Kanban tous les jours (ou presque)…

À la maison, le Kanban le plus simple est celui du papier toilette : vous avez un rouleau en cours d’utilisation. Vous avez surement un stock de quelques rouleaux à proximité. Vous avez peut-être un stock secondaire, dans une autre pièce. Ce stock « central » approvisionne l’ensemble des salles de bains de la maison.

Vous savez (même s’il n’y a pas d’étiquettes ou de zone délimité par un ruban) quand vous devez en racheter : quand le stock central est presque vide, mais pas trop… Vous connaissez votre consommation et savez s’il faut en racheter quand il reste, 1 2 ou 5 rouleaux dans votre stock central.

Mais pourquoi utiliser cette méthode ?

Vous ne voulez pas que votre maison soit envahie de papier toilette, ni en manquer. Le Kanban maintien un niveau de stock ou de travail en cours (WIP pour work in progress) acceptable : ni trop ni trop peu.

Trop de stock ou de travail en cours génère des coûts et des risques : reprises en cas d’erreur, immobilisation financière. À l’inverse un manque de stock génère des coûts liés à la sous-utilisation des ressources. Bien dimensionné, le Kanban maintien le niveau optimal.

Et dans le monde des services ?

C’est la nouvelle utilisation du Kanban. Il contre notre tendance naturelle à commencer beaucoup de choses et ne pas les finir. En résonance aux principes Agile, il contribue à livrer des choses complètes. Si je commence une tâche, je dois la finir avant d’en commencer une autre. Si les items sont bien priorisés, alors je livre rapidement la valeur ajoutée à mon client.

Le principe est le même : le travail a réaliser est découpé en tâches, qui prennent la forme de fiches. Elles sont en général enregistrées dans un logiciel tel que Jira, Trello ou Monday. Chaque tâche est ensuite attribuée à (ou selectionnée par) un membre de l’équipe. Le nombre de tâches est limitée à 3 ou 4 le plus souvent. L’objectif est de pouvoir livrer, donc finaliser, la tâche dans la journée ou les trois jours.

Le groupe garde ainsi une certaine dynamique. Quand on utilise les principes Agile, les tâches ne sont pas traitées comme des files : FIFO (first In, first Out) ou LIFO (Last In First Out), elles sont traitées selon leur priorité. Le Kanban aide à utiliser ce principe.

En effet on peut définir le Kanban par individu ou par étape de production. Par exemple, pas plus de 3 items à la fois en assurance qualité. Ainsi, l’équipe peut décider de commencer des tâches plus longues, si l’assurance qualité et l’étape précédente sont déjà bien chargées.

Le Kanban personnel

C’est tout simple ! Sur une feuille de papier, faites trois colonnes : à faire, en cours et fini. La colonne « en cours » doit contenir trois ou quatre post-it maximum. La colonne « fini » souligne le travail accompli, la colonne « à faire » vous motive à finaliser les petits détails d’une tâche pour pouvoir vous lancer dans un autre projet !

Sur un fond d'écran de ville illuminée la nuit, trois colonnes : à faire, en cours et fini, avec des fiches dans chacune.
Exemple de Kanban personnel
à retenir

Combien de tâches de projets menez-vous en parallèle ? Est-ce qu’un Kanban personnel tout simple pourrait vous aider à finir ce que vous avez commencez?

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