Agile et Lean, est-ce vraiment différent ?

Les principes Agile sont de plus en plus utilisés dans les fonctions TI. Convaincues de l’intérêt de la démarche, les TI invitent leurs partenaires d’affaires, les secteurs opérationnels à travailler en mode Agile. La démarche d’excellence dans les opérations, est souvent connue sous le nom « Lean ».

Plusieurs s’inquiètent de l’ajout d’une nouvelle méthodologie. Il n’en n’est rien. Dans cet article, je reviens sur ces deux concepts et leurs similarités.

Agile et Lean sont deux philosophies, qui guident l’exécution du travail. J’ai identifié six clés de succès qu’elles partagent.

La valeur selon le client

Dans les deux cas, le but est de créer de la valeur pour le client. Il est au cœur des deux philosophies. Le client a un besoin, il veut un produit, un service ou un logiciel qui réponde à son besoin. L’organisation doit donc satisfaire ce besoin. Le but n’est pas de faire le meilleur produit ou logiciel, mais de faire celui dont le client a besoin.

Ça vous parait peut-être évident, mais dans les faits on est souvent loin de cette réalité. Beaucoup de professionnels pensent savoir ce qu’il faut faire. Ils ne s’intéressent pas au client et ne l’écoutent pas nécessairement. J’ai déjà écrit sur comment placer le client au cœur de votre travail.

Des équipes dédiées et transversales

Toutes les organisations font face à des problèmes de « silos ». Je pense que c’est humain de ne pas pouvoir travailler avec 150 personnes. Chacun privilégie un groupe d’une dizaine ou vingtaine de personnes. Dans une organisation par métiers, les liens forts sont ainsi créés dans chaque métier. Les employés défendent alors leur métier ou leur secteur plus que le client ou le produit.

Groupe de personnes participant à un tir à la corde.

En mode Agile ou Lean, les équipes, permanentes ou temporaires, travaillent ensemble et sont organisées par produit. Les employés créent alors un lien fort autour de ce produit. Les silos tombent au profit du produit.

Évidemment, rien n’est tout rose. Et il peut alors y avoir de la « compétition » entre les différentes équipes, autour de leurs produits respectifs.

Ceux qui font sont ceux qui savent

Les gestionnaires Lean et Agile doivent apprendre à faire confiance, lâcher prise et donner le pouvoir de décision. C’est le contraire du Taylorisme, dans lequel des experts disent aux employés comment travailler.

En Lean comme en Agile, les employés savent comment faire les choses. Tout d’abord, il faut leur indiquer la direction où aller, les objectifs à atteindre. Ensuite, les équipes s’auto-organisent pour atteindre le résultat. La motivation intrinsèque augmente la performance individuelle et globale.

Des employés de terrain sont souvent invités à participer, avec les experts. Leur voix compte autant, voire plus, car ils savent comment ça fonctionne dans la réalité.

Un flux tiré

En mode Agile, l’équipe livre fréquemment des fonctionnalités priorisées par le client. En mode Lean, l’équipe livre les produits demandés par le client, juste à temps. Nous sommes dans un processus à flux tiré : c’est le client qui demande la production. Il choisit le produit, le délai et la qualité associée.

Dans les organisations traditionnelles, le flux est poussé : l’organisation fourni ce qu’elle a décidé. Le client choisit donc parmi ce qui est disponible. Il n’a pas son mot sur la priorisation de la production.

Des améliorations continues

En procédant par essai-erreur, avec des petits pas, Lean comme Agile cherchent à améliorer constamment leur produit, service ou logiciel. Dans le développement logiciel, c’est la recherche de la simplicité. Pour la production c’est la stabilité du processus. Dans les deux cas, on essaye un ajustement mineur, si ça fonctionne, on continue, sinon, on essaye dans une autre direction.

L’erreur est permise et même favorisée, puisqu’elle est source d’apprentissages. L’environnement de travail favorise l’expérimentation et donne de l’Espace pour tester de nouvelles choses.

Se questionner sur nos façons de faire

Groupe de 3 personnes regardant des tablettes.

Enfin, Agile et Lean ne se reposent jamais sur leurs succès. À chaque fin de cycle, elles se remettent en cause et se demandent comment l’équipe aurait pu mieux faire. Que ce soit dans la phase « check – act » du cycle PDCA, ou la rétrospective Scrum, les équipes décident quelles méthodes ou comportements changer pour être encore plus performants.

La perfection n’existe pas, cependant les deux approches améliorent autant le produit que leur façon de réaliser le travail.

Agile, Lean, Scrum et Six Sigma

Et le Six Sigma dans tout ça? C’est une méthodologie, tout comme le Scrum en Agile, qui décrit de façon précise les étapes et l’organisation pour atteindre des objectifs spécifiques.

Selon la situation et les objectifs, on utilisera la méthodologie Six Sigma, Kaizen, Scrum ou encore Design Thinking. Quand vous les maitrisez, vous pouvez utiliser le meilleur de chaque méthodologie avec votre propre approche.

à retenir

Le plus important est de comprendre les concepts et pourquoi la méthodologie propose certaines choses. Ensuite, vous appliquerez ce dont vous avez besoin dans votre contexte.

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